L’autisme Asperger

Les aspies ou encore celles et ceux de la myriade TSA

L’autisme Asperger est une différence neurologique plus ou moins visible notamment selon le sexe de la personne mais aussi, comment elle se manifeste chez celle-ci. Cette lenteur variable et singulière (génétique, inclusion en milieu ordinaire…) du développement cognitif des aspergers appartient à un spectre dit autistique. Les aspies détiennent des capacités intellectuelles recherchées dans des domaines précis (informatique, arts, philosophie, mathématique, sciences de la vie et de la Terre…). A fortiori ils ont un sens aiguisé du détail, une grande mémoire (particulièrement visuelle) et capacité de concentration, de la logique, une certaine originalité dans la résolution de problèmes, de l’humour… puis des sensibilités comme tout le monde. Par conséquent, ils sont complémentaires au reste de la société pour ce qu’elle sait ou cherche à connaître. Longtemps stigmatisés pour leur atypisme, leurs origines préhistoriques et leurs talents certains – pour autant qu’ils soient sollicités – fait aujourd’hui état d’une autre façon d’exister, davantage connue et acceptée de tous ; avec une proxémie cognitive à la majorité des humains inégalable bien que toujours perçue comme étrange ou encore gauche…

Un symbole de l’infini aux couleurs de l’arc-en-ciel symbolise le spectre autistique et le mouvement de la neurodiversité.

Résumé historique

L’autisme diffusé par Hans Asperger en 1944 dans Les psychopathies autistiques pendant l’enfance est, comme les autres formes d’autisme, une mutation génétique (un processus pathogénique inconnu, il ne s’agit en conséquence pas d’une maladie ; Nicolas Georgieff). À la différence de la nosographie de Léo Kanner (1944), le développement intellectuel et syntaxique est normal, voire supérieur. Les aspies sont, à la différence des Kanner, aptes à entrer en contact avec autrui, toutefois, ils peuvent faire acte de bizarreries caractéristiques. Les principales expressions sont constatées au niveau de la fonction de communication, de réciprocité interpersonnelle (ex. empathie sélective, compréhension littérale), de se mouvoir (maladresse, agitation) et d’intersubjectivité. De le même façon, les écholalies (répétition en écho de bribes de discours), la stéréotypie (phrases ou formules répétitives utilisées en dehors d’un contexte)  et la prosodie sémantique d’un soi identifié sont typiques. La théorie de l’esprit (tendance à l’objectisation) et l’hyperspécialisation dans certains domaines sont également typiques. À savoir que toutes ces particularités restent des atouts pour la société ; et qu’in globo, elles sont apparemment « plus visibles » chez les hommes que chez les femmes.

En 1993, le syndrome d’asperger intègre la CIM-10 (classification internationale des maladies ; F84.5 Syndrome d’Asperger ) européenne. Et en 1994, il est répertorié dans le DSM IV (de l’anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) nord américain. Depuis 2013, l’appellation trouble du spectre de l’autisme (TSA) remplace celle des TED.

Certains chercheurs tels que Simon BARON-COHEN et Daniel TAMMET émettent l’idée que l’autisme Asperger pourrait être considéré comme une différence au lieu d’un handicap ; de fait, la qualification de cette neurodiversité est en perpétuelle évolution au cours de ces dernières décennies. Pour en savoir davantage sur le concept de neurodiversité, voici un article de Steve Silberman via ce lien.