L’autisme d’Asperger

L’autisme du grec autos est un néologisme emprunté à E.Bleuler pour sa définition de la perte de contact avec la réalité externe (1911). Cette représentation parcellaire, par addition de détails de l’environnement sera décrite plus tard par U. Frith comme un « trouble de l’intégration perceptive ».

Il est très probable que la figure littéraire de « l’idiot savant », de « l’idiot » ou encore de « l’enfant idiot » décrit par Édouard Seguin (1846) soit celle des autistes doués ; ou, que le cas de Victor de l’Aveyron (dit « sauvage ») décrit par le médecin J.Ittard en 1801 et relayé par J.Hochmann soit de l’autisme.

L’autisme diffusé par Hans Asperger en 1944 dans Les psychopathies autistiques pendant l’enfance est, comme les autres formes d’autisme, une mutation génétique (un processus pathogénique inconnu, il ne s’agit en conséquence pas d’une maladie selon Nicolas Georgieff). À la différence de la nosographie de Léo Kanner (1944), le développement intellectuel et syntaxique est normal, voire supérieur. Les aspies sont, à la différence des Kanner, aptes à entrer en contact avec autrui, toutefois, ils peuvent faire acte de bizarreries caractéristiques. Les principales expressions sont constatées au niveau de la fonction de communication, de réciprocité interpersonnelle (ex. empathie par association, compréhension littérale), de se mouvoir (maladresse, agitation) et d’intersubjectivité. De le même façon, les écholalies (répétition en écho de bribes de discours d’un interlocuteur), la stéréotypie (phrases ou formules répétitives utilisées en dehors d’un contexte)  et la prosodie sémantique d’un soi identifié sont typiques. La théorie de l’esprit (tendance à l’objectisation) et l’hyperspécialisation dans certains domaines sont également typiques. À savoir que toutes ces particularités sont modérées ou discrètes ; et qu’in globo elles sont plus prononcées chez les hommes que chez les femmes.

La psychiatre anglaise, Lorna WING poursuit en 1981 les recherches d’Hans ASPERGER à partir de 34 cas provenant, pour la plupart, des travaux antérieurs en plus de cas présents dans sa clinique. Elle confirmera cliniquement l’expression autistique des aspergers.

En 1993, le syndrome d’asperger intègre la CIM-10 (classification internationale des maladies ; F84.5 Syndrome d’Asperger ) européenne. Et en 1994, il est répertorié dans le DSM IV (de l’anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) nord américain. Actuellement, il entre dans la catégorie des TED (troubles envahissants du développement). Depuis 2013, l’appellation trouble du spectre de l’autisme (TSA) remplace celle des TED.

Certains chercheurs tels que Simon BARON-COHEN et Daniel TAMMET émettent l’idée que l’autisme d’Asperger pourrait être considéré comme une différence au lieu d’un handicap ; de fait, la qualification de cette neurodiversité est en perpétuelle évolution au cours de ces dernières décennies. Pour en savoir davantage sur le concept de neurodiversité à l’heure d’aujourd’hui, voici un article de Steve Silberman via ce lien.

 

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Un symbole de l’infini aux couleurs de l’arc-en-ciel symbolise le spectre autistique et le mouvement de la neurodiversité.

 

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Quelques tests utilisés pour diagnostiquer l’autisme d’Asperger dans le secteur médico-social : 

👉 Échelle diagnostique de l’autisme et de l’Asperger de Ritvo – révisée (RAADS 14 screen) : ce test a été créée par la psychiatre suédoise Susanne Bejerot (2013). Il est conçu pour déceler les traits autistiques chez les personnes autistes Asperger ou autiste de haut niveau.

👉 Aspie Quiz : test (dont la fiabilité fait débat) réalisé par l’ingénieur en logiciel SUÉDOIS Leif Ekblad. Il ambitionne d’évaluer des traits propre aux TDA/H, à la dyslexie, à la dyscalculie, à la dyspraxie ainsi qu’au syndrome de Tourette.

👉 Autism Spectrum Quotient (AQ) :  conçu par le psychologue Simon Baron Cohen  et son équipe (2001). Il permet, au travers de 4 grands domaines, de mette en évidence des traits autistiques.

👉 Reading the Mind in the Eyes Test (RMET) : également mis au point par le psychologue Simon Baron Cohen et son équipe (2001). Il sert à mesurer la capacité d’une personne à comprendre l’état d’esprit d’une autre d’après son regard.

Les autistes d’Asperger pourraient obtenir un autre statut juridique plus en phase avec la réalité, c’est-à-dire, relatif à une 3e façon d’être humain (agir et penser selon une autre forme d’intelligence -tout à fait formidable- et pourquoi pas la neurotyp(olog)ieAsperger) :

  • autre statut juridique ni handicapé, ni « normal » ;
  • mesures du quotidien non restrictives (pas d’assistanat exagéré ou inutile);
  • valorisations des compétences et intégrations dans le milieu professionnel, scolaire classiques… avec une communication simple et efficace sur un mode de fonctionnement différent et non déficient ou moins rentable... ;
  • des aides sur mesures (selon l’évolution de l’individu cela peut aller d’un AVS pour les individus avec mutisme, problème d’hygiène important…. à l’autorisation de porter un casque, de faire des pauses dans une pièce isolée, de faire un % de télétravail plus conséquent…) ;
  • priorité à une sensation d’un « vivre ensemble » avec des adaptations de part et d’autre (qui souvent par le biais de quelques mesures deviennent très discrètes). Cela revient à considérer qu’il ne faut pas ignorer la différence mais il n’est pas non plus nécessaire d’ « en faire des tonnes »;
  • prise en charge habituelle des pathologies associées : dépression, TAG…
  • en cas de délit faire appliquer le code pénal prévu en cas d’atteinte à la personne, d’harcèlement, d’abus de confiance, de biens sociaux, de corruption active ou passive… voire l’adapter si besoin.

 

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